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L'histoire du Karaté

L'Okinawa-Te, ancien nom du karaté, s'étendit rapidement au sein de la population lorsque 300 000 samouraï du clan Satsuma envahit l'île en l'an 1609 sur l'ordre du Shogun. Afin d'éviter les révoltes de la part des habitants, le Seigneur interdit le port de tout arme blanche sur l'île.

Dans l'île japonaise d'Okinawa, occupée à cette époque pas les chinois qui y avaient interdit l'usage des armes (il n'y avait qu'un seul couteau, attaché à une souche, pour tout un village), les habitants ont inventé le "Té" qui utilise toutes les ressources naturelles du corps humain pour se défendre. Ils s'entraînaient la nuit en secret, formant leur corps et leur esprit au combat pour combattre l'envahisseur avec des techniques rigoureuses et très efficaces. La notion du secret dans la transmission de l'enseignement provient également de cette époque, secret qui sera maintenu vis-à-vis des Japonais jusqu'à la fin du XIXème siècle. La plupart des entraînements se déroulent de nuit et un certain nombre de techniques et de méthodes d'entraînement transmises jusqu'à nos jours ne prennent leur sens véritable que par rapport aux conditions de cette époque.

En l'an 1733 naquit à Shuri, Teruya Kanga, qui fut considéré plus tard comme le père fondateur de l'ancienne technique Okinawa Te. Il entra dans l'histoire sous le nom de Tode Sakugawa. Il effectua plusieurs voyages en Chine pour parfaire ses connaissances de cet art.

C'est à partir du XIXème siècle que le karaté se structure enfin. De nombreux les experts qui travaillent ensemble dans la même voie du combat. Parmi eux, un nom que l'on retiendra, celui de Sokon Matsumura. C'est lui qui fut le premier Maître officiel à fonder les bases d'une véritable école de karaté, le Shuri-Te.

En 1868 commence une nouvelle période de l'histoire d'Okinawa avec la montée sur le trône impérial du jeune Mutsu-Hito. C'est une véritable rupture avec un passé féodal. Pour l'Okinawa-Te, c'est la fin de la clandestinité et de son rôle guerrière. Celui-ci convertit lentement des techniques guerrières en techniques éducatives, passant notamment par le maître Anko Itosu qui introduisit l'Okinawa-Te à l'école en 1902.

C'est à partir du XXème siècle que de nombreuses écoles de karaté commencèrent à se distinguer sur l'île d'Okinawa et ce grâce à la formation de nouveaux élèves et aux fusionnements de différents styles. A cette époque, les trois styles de karaté majeurs sont le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te. Ces différentes tendances donneront plus tard naissance aux styles de karaté que nous connaissons aujourd'hui.

Le karaté est considéré et pratiqué en tant que technique guerrière, l'enseignement était souvent tenu secret et chaque école conservait jalousement les techniques les plus efficaces, qui n'étaient transmises que de maître à disciples. L'enseignement du karaté en tant que Budo (la voie du combat) se concrétisa par l'adjonction du suffixe do qui exprimait ainsi qu'il n'était pas seulement une technique guerrière, mais aussi et surtout une voie d'épanouissement physique et spirituelle.

Il faudra attendre l'an 1916 pour que plusieurs maîtres de l'Okinawa-Te acceptent de démontrer publiquement leur art qui jusque là était resté secret. L'histoire retiendra le nom de Gishin FUNAKOSHI qui partit le premier au Japon afin de démontrer son art lors d'une manifestation importante organisée par Jigoro KANO, fondateur du Judo. En l'an 1922, la première école de karaté dirigée par Gishin Funakoshi ouvra ses portes à Tokyo. C'est à cette époque également que le nom de Okinawa-Te fut changé en celui de karaté afin de rompre la tradition chinoise face aux japonais.

A travers les siècles, le Karaté a suivi son évolution de la Chine au Japon, et plus principalement à OKINAWA dans l'archipel des RYU KYU appelé alors "Okinawa-Te" (la main d'Okinawa) ou "To-De" (la main de Chine).

Son changement a subi des modifications suivant les évolutions des époques et de l'homme.

A cette époque, l'enseignement était axé sur le kata. C'est la seule pratique qui permette de travailler blocages et attaques sans retenue, car il n'y a pas de risque de blesser un adversaire. En suivant l'exemple de ses maîtres, le Sensei FUNAKOSHI ne fait étudier à ces élèves que les katas. Or dans les années trente, Maître OTSUKA émit l'idée d'introduire une forme de kumité entre deux pratiquants. Ce fut une des cause de la séparation entre le Maître OTSUKA et le maître FUNAKOSHI.

Les Dô, chemins ou voies de la connaissance, sont en quelque sorte le reflet de la tradition des anciens jutsu. Les Dô nous enseignent le comportement juste, honorable et loyal envers soi et son adversaire. Une complète philosophie soutient la pratique physique des arts martiaux. La première phase d'un combattant est de lutter contre lui-même, ses peurs et ses angoisses. Un des principes de la voie du guerrier, le Bushidô, est illustré par l'image du faucon qui, même s'il meurt de faim, ne s'attaquera pas aux épis. Le samouraï doit adopter la même philosophie. La voie des arts martiaux n'est pas tournée vers l'individualisme comme l'engendre la compétition. L'éthique des arts martiaux doit permettre au pratiquant de s'ouvrir sur la vie et sur les autres hommes. Seul le pratiquant d'un art martial traditionnel retrouve dans la voie cette sensation unique d'épanouissement spirituel.

Source :TODE les origines du KARATE -DO (Pierre Portocarrero)

Dernière mise à jour : Lundi 18 avril 2011
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